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LOI n° 2002-303
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Avocate depuis plus de 20 ans Marie-Dominique FLOUZAT-AUBA est auteure d'un ouvrage écrit avec le docteur Sami-Paul TAWIL intitulé :
Droits des malades et responsabilité des médecins mode d'emploi, édité aux éditions Hachette collection Marabout.
Elle assure le conseil et la défense de patients et de leurs familles.

Maître Marie-Dominique FLOUZAT-AUBA
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La colère d’Angélique

Madame, Monsieur,

Souffrant, depuis les années 70, d'une maladie, que nous savons à présent être génétique, (source du Généthon) l'endométriose, j'aspirais à une rémission...

Dans les années 80, cette affection se manifesta au niveau du col vésical. Le col et l'urètre se bouchaient et j'urinais goutte à goutte. La première résection vésicale eut lieu à Metz. La seconde, au CHU de Bordeaux, où le professeur L. m'enleva en même temps des brides vaginales qui retenaient coudée et emprisonnée mon urètre, gros comme un cheveu. La troisième résection fut pratiquée par le docteur B., exerçant à la clinique X

Le 31 août 1995, je subissais une hystérectomie totale ainsi qu'un bursch, dont je ne compris pas l'utilité. Dans la mesure où l'incontinence transitoire que je faisais, était due au fait que mon utérus fibromateux était volumineux et appuyait sur ma vessie. Je demandai au docteur B, de m'ôter les annexes à cause de mes problèmes endométriosiques. J'avais 44 ans et 2 enfants. Ce dernier, arbitrairement refusa de me les enlever, prétextant "que j'allais perdre ma féminité ". Cette décision allait pourrir ma vie durant les années qui suivirent... Et chaque jour que Dieu fait, je subis dans ma chair ses conséquences.

Pourquoi, n'avais pas le droit de "disposer de mes ovaires " dans un cas comme le mien ? ? ?

Suite à cette intervention lourde, je m'aperçus que l'anatomie de mon périnée avait changé. Une saillie du rectum dans le vagin fit son apparition : la genèse d'une rectocèle. Les selles s'accumulaient dans cette poche. Je crus que ce problème allait finir par se résorber... Je me trompais ! Au début, je me contentais d'appuyer sur mon périnée pour m'aider au moment de la défécation. Aujourd'hui, je suis obligée de sortir mes selles de mon rectum avec les doigts...

Le 9 décembre 1998, soit trois mois après mon arrivée en Afrique, je quittai Djibouti. Le médecin militaire, sans prendre la peine de m'ausculter et de s'intéresser de plus prés à mon ventre qui me faisait souffrir, m'avait mise sous Prozac. Je rentrais donc précipitamment en France, laissant mon mari seul le restant de sa mutation.

Le 2 janvier 1999, j'allais consulter le Docteur E. A la palpation, il sentit une induration du côté gauche. Dans la foulée, il me fit une échographie qui révéla la présence d'un kyste endométriosique d'environ 7 cm sur l'ovaire gauche.

Le 18 janvier 1999, le Docteur P., qui officiait à la clinique X, m'enleva le kyste ainsi que les deux annexes. Il vint le soir de l'intervention à mon chevet, me dire qu'il avait été obligé d'enlever l'annexe droite, aussi en mauvais état. J'étais donc ménopausée. Je n'étais pas fâchée d'être enfin débarrassée de mes ovaires. Je savais que, seule la castration, mettrait un point final à mes souffrances dues à l'endométriose... L'incompétence de certains chirurgiens et des coïncidences fâcheuses allaient me prouver le contraire.

Janvier 2001, suite à mon problème de rectocèle, devenant gênant, et à la demande du Docteur S, gastro-entérologue, le Docteur K, me fit passer une manométrie ano-rectale. Ses conclusions se firent verbalement. Il n'y avait rien d'alarmant. Aucune asynergie ne fut constatée au niveau des capacités du sphincter anal. J'ai depuis récupéré un document qui met en cause le bursh pratiqué en 1995, (en même temps que l'hystérectomie) comme n'étant étranger à la genèse de la rectocèle.

Le 11 juin 2002, j'étais opérée d'une rectocèle par le Docteur B., exerçant à la clinique X. Cette saillie du rectum dans le vagin, retenait prisonnières mes selles. Arrivée au bloc opératoire, l'anesthésie, le docteur BY., me demanda "les radios ". Quelles radios, je n'en avais pas apporté. Je réalisais que l'anesthésiste était sur le point de me faire une péridurale. Il commença à essayer d'introduire une aiguille dans ma colonne vertébrale. Je me sentis mal. Des nausées et des sueurs commencèrent à m'envahir.

Je n'arrive pas à vous piquer, me dit-il.

J'ai une scoliose très important, deux fois 36 ° et il me manque la première vertèbre lombaire. Vous ne pouvez pas me faire une péridurale dans mon état, d'ailleurs elle n'était pas prévue...

Madame C., l'anesthésiste, m'avait reçue, la semaine précédant l'intervention. C'était le jour de la coupe du monde de football et plusieurs patients s'étaient désistés. Ce qui avait mis cette dame hors d'elle. Cette consultation pré-anesthésique "éclair ", dura 7 minutes chrono. Je n'eus même pas le temps de parler de ma scoliose, tant elle éructait...

[Suite, à cette péridurale impromptue, qui m'avait déplue, j'envoyai un courrier au docteur B., pour le mettre au courant dans quelles conditions cette consultation pré-anesthésique s'était déroulée. Je joignis à ma lettre le compte-rendu radiologique de mon rachis.]

Le Docteur BY, finit par m'endormir, "laborieusement ", mais d'une manière plus "traditionnelle ".

Le lendemain, le docteur B., vint me dire que tout s'était bien passé, qu'il n'y avait pas "grand chose ", et que j'avais meilleure mine. Voilà, à quoi, se limitèrent ses explications.

Les deux laparotomies précédentes avaient nécessité le port d'une sonde vésicale pendant plusieurs jours, qui ne m'occasionna aucun désagrément. Dans le cas de cette intervention, j'eus beaucoup de mal à supporter la sonde durant les 48 heures durant lesquelles, je fus obligée de la garder. Mon urètre "saignottera " durant les deux mois qui suivirent l'intervention et les mictions furent douloureuses. Une urographie faite récemment, vient de mettre en évidence un urètre déformé et remplie de filaments. J'urine "comme un arrosoir ". Malgré ce que prétend le compte-rendu radiologique du médecin qui n'a pas assisté à la miction, je suis obligée de pousser, pour uriner. Mon urètre a été abîmé durant cette intervention.

La cure de cette rectocèle, à priori bénigne, me fit beaucoup souffrir. J'avais du mal à m'asseoir. Mon médecin généraliste, le docteur LS., constatant la suppuration d'un liquide jaunâtre au niveau de la plaie, fit un prélèvement. L'analyse révéla la présence d'un streptocoque. Cette infection fut soignée par une antibiothérapie, durant 10 jours.

Etant, sous antibiotiques et prenant des laxatifs légers, pour favoriser le passage des selles pendant la cicatrisation, je peux dire, en toute honnêteté, avoir senti aucune amélioration réelle de la défécation.

Un mois après l'intervention, le Docteur B., constata la solidité de la couture périnéale, sans faire allusion à aucune autre intervention. Il se mit en colère lorsque je lui fis part de cette infection découverte au niveau de la plaie, me disant "que des streptocoques, il y en avait de partout ! "

J'avais attrapé une maladie nosocomiale durant l'intervention concernant la rectocèle, qui allait avoir des conséquences imprévisibles...


Vers la fin du mois de juillet 2002 et durant tout le mois d'août, ma vie quotidienne changea. Les problèmes de défécation, selles retenues dans le rectum, revinrent. Des maux de ventre, du type colique, commencèrent à me gêner dans ma vie quotidienne.

Mi-septembre, mes maux de ventre devinrent de plus en plus difficiles à gérer. Ces derniers s'accompagnaient de diarrhées intempestives, qui m'obligeaient à rester au lit. (coproculture négative). Je commençais par restreindre mon alimentation en évitant les fibres. Ma généraliste, ne croyant pas vraiment à ces diarrhées dont j'étais peu coutumière, me prescrivit du Smecta et du Bédélix à tout va. Traitements qui induisirent une constipation opiniâtre, pouvant aller jusqu'au fécalome. Dans ces cas extrêmes, j'avais recours aux lavements type Normacol. Après, j'avais les intestins à vif !

J'écrivis au Docteur B., lui faisant part de mes ressentis consécutifs à l'intervention. Ma lettre demeura sans réponse.

Parallèlement à ces problèmes digestifs, mes seins me faisaient mal comme si j'avais des montées de lait. Ce détail me sembla bizarre, puisque j'étais ménopausée. Je ressentais de plus en plus la sensation d'avoir une balle de ping-pong, mal placée lorsque j'étais assise.

Début octobre 2002, souffrant le martyr, j'allai aux urgences de la clinique X, accompagnée de mon mari et de ma fille, pensant voir le docteur B. Une dame, qui devait avoir pour mission de filtrer les malades arrivant dans ce service, nous précisa que la clinique n'acceptait les urgences relevant de la chirurgie.

Sans la moindre auscultation, elle jugea que mon cas n'entrait pas dans la catégorie des "urgences chirurgicales " et nous mit dehors.

Cette attitude discriminatoire est inadmissible. Je ne vois pas à quoi sert un établissement, telle que la clinique X. Une fois, les patients opérés, les chèques empochés, les médecins les laissent dans la nature, sans aucun suivi médical et lorsqu'il y a une complication, ils les abandonnent. Ont-ils oublié le serment d'Hippocrate, "soulager et surtout ne pas nuire... ? " Cette politique dénote du manque du plus élémentaire respect de la personne humaine en souffrance. Adoptée par un établissement médical, quel qu'il soit, elle est décevante et de nature à ne pas "sécuriser " pas les patients. Dans les temps dans lesquelles nous vivons, où l'insécurité fait les choux gras des médias, des questions restent en latence. L'insécurité se vit à tous les niveaux.

Je dus me résigner à aller aux urgences de l'hôpital L. où je n'avais jamais mis les pieds et dont aucun médecin ne connaissait mon passif médical.

A deux reprises, le même mois je retournerais aux urgences, où la deuxième fois, je resterais en "observation ". Je fis une allergie au Paracétamol, qui aggrava mes douleurs au lieu de les combattre et couvrit mes mains et mon torse de plaques rouges. On me perfusa avec du Débridat et du Spasfon. On ne me fit aucune exploration, à part une radio de l'abdomen. J'en ressortis 4 jours après, non diagnostiquée. Le docteur BD., gastro-entérologue me donna pour tout traitement 3 ampoules de Débridat injectable et le nom d'une psychologue, Madame I... A chaque fois qu'un médecin ne trouve pas de réponses aux questions qu'il ne s'est même pas posées, les malades finissent toujours chez un psy... !

Novembre 2002, Madame D, gynécologue me prescrivit une hormonologie. Par téléphone, un soir, elle m'apprit que mes dosages hormonaux, n'étaient pas ceux d'une femme ménopausée.

Elle me réclama l'anapath, concernant l'intervention de 1999, la "décortiqua " dans tous les sens. L'expertise de l'annexe gauche ne se résumait qu'au kyste endométriosique vidé de son contenu, du cortex de l'ovaire et d'un morceau de trompe. Il manquait donc, l'ovaire gauche et un morceau de trompe.

L'annexe gauche n'avait pas été enlevée dans sa totalité, contrairement à ce qui est notifié dans le compte-rendu opératoire concernant l'ablation du kyste endométriosique et des annexes, effectuée en janvier 1999.

Le 19 décembre 2002, je passai une IRM - Le 27 décembre 2002, j'allais chercher mes résultats. Elle révéla la présence de deux kystes. Un petit de 1,7 cm situé en haut et à gauche de la vessie, le plus gros d'environ 4 à 5 cm, situé au niveau du cul de sac de Douglas. Le Docteur J., radiologue, par acquis de conscience, me fit une échographie, inopinément, sans me la facturée, pour vérifier la localisation des kystes. Il ne retrouva pas le petit. Leur nature restait cependant inconnue. Ces kystes me firent penser à une nouvelle récidive endométriosique.

Le 10 janvier 2003, conseillée par l'association Endofrance, je consultais un ponte de l'endométriose le Docteur A. J'obtins mon rendez-vous dans les 48 heures. Ce gynécologue, me croyant ménopausée, jugea mon cas exceptionnel. Il me parla du cas d'une femme au Mexique qui avait vu "fondre ces kystes comme neige au soleil " à la suite d'un traitement généralement prescrit contre le cancer du sein, pour femmes ménopausées. Il ajouta "Nous allons faire une première française, si cela marche ". Pendant un mois je pris des comprimés de Féméra, qui eurent un effet des plus nuisible sur mes intestins sensibilisés depuis la dernière intervention.

Je contactais par mail, la société Novartis, qui fabrique ce médicament. A deux reprises une dame travaillant dans ce laboratoire, me téléphona pour m'informer de la nocivité de ce médicament qui n'était pas préconisé pour l'endométriose...

Je relançais par courrier, l'entérologue de l'hôpital, pour lui faire remarquer qu'aucun "psy ", aussi doué soit-il, n'aurait pas pu soulager mes douleurs causées par deux kystes bien réels. Je lui demandai de me prescrive du Débridat en injectable, pour ménager mes intestins durant la prise du Fémara. Ce qu'il fit de bonne grâce.

Au bout d'un mois, et après contrôle échographie, le kyste était toujours là, avec un contour épaissi, malgré un dosage œstrogènique très bas.

Le 18 février 2003, le kyste fut enlevé sous cœlioscopie. Le sigmoïde adhérait à la vessie. Le chirurgien décolla les deux organes, mais pas sur la totalité. Le Docteur A., vint me voir le lendemain avec les photos de l'intervention. Il avait l'air embarrassé, me disant qu'il avait trouvé des résidus ovariens sur le sigmoïde et qu'il faudrait m'en débarrasser lors d'une autre intervention. Il me rassura, me disant que je n'avais plus d'endométriose.

L'anapath, révéla la nature de ce kyste, "prétendu " de l'ovaire...

Le morceau de trompe oublié durant l'opération de 1999, était devenu un hydrosalpinx ? ? ?

Les déductions de ma gynécologue se révélaient exactes, avec l'hydrosalpinx en "prime " !

Les douleurs intestinales persistèrent. Pour pallier mes diarrhées, je continuai à manger du riz, supprimant les légumes, les fruits et les laitages. Mes œstrogènes étaient remontés en flèche. (119)

Avril 2003, je revoyai le Docteur A., lui disant ressentir toujours une balle de ping-pong, mal placée et que je souffrais toujours autant. Il me prescrivit un agoniste, du Décapeptyl, durant trois mois, dans le cas d'une récidive endométriosique. Cette balle n'était pas le fruit de mon imagination, ni celui d'une douleur fantôme.

La semaine suivante, soit plus d'un mois et demi après l'intervention, un contrôle échographique mit en évidence une masse de 4 cm X 4 cm. Par fax, j'envoyais le compte-rendu radiologique au Docteur A. qui discuta la fiabilité de cette radio. Il me conseilla de continuer le traitement et d'attendre ses effets.

Début mai 2003, à la demande de ma généraliste le docteur L., je passai une coloscopie, qui mit en évidence une boucle sigmoïdienne. Le Docteur T., entérologue à l'hôpital L., me parla d'une masse adhérentielle située en dehors de mes intestins, empêchant leur mobilité, qui l'avait gêné dans la progression du fibroscope. Le détail de cette masse adhérentielle n'est pas mentionné dans le compte-rendu de cet examen.

Fin mai 2003, toujours à la demande de ma généraliste, je passai une défécographie.

Elle démontra,

-la chute du rectum, un prolapsus de ce dernier

-une rectocèle

-des scyballes restant coincées

-un anus s'ouvrant peu

Le lendemain de cet examen, je retournai aux urgences, mes intestins n'ayant pas apprécié le Micropaque. On me laissera ainsi, durant 5 jours avec une perfusion de Spasfon et de Débridat et un lavement, type Microlax...Le Docteur T., me fit comprendre qu'il était trop tôt pour intervenir, malgré la masse adhérentielle au niveau de l'intestin et de la masse visualisée au cours de l'échographie. Il mit tous mes problèmes sur le compte de l'endométriose...

Il envoya à mon chevet un médecin censé s'occuper de la douleur. Cette dame crut que j'en rajoutai ! ! En avais-je besoin ? Elle me prescrivit des ampoules d'Acupan à mettre par moitié sur un sucre. Cet antalgique n'a aucun effet sur les problèmes inflammatoires...

Mes intestins n'éliminèrent pas le Micropaque, durant mon séjour à l'hôpital. Dans la nuit, qui suivit mon retour, je fus prise de diarrhées. Je continuerai à me "vider ", toute la journée du lendemain, avec des douleurs abdominales, abominables.

Qui plus est, je subis les effets du Décapeptyl ! Ce médicament est un vrai poison, qui induit des souffrances inhumaines. Il a des effets secondaires terribles. Perte d'appétit, sécheresse vaginale, brûlures de toutes les parties génitales externes. Mon psychisme, déjà ébranlé par les douleurs, était encore plus mal. Avec la canicule de cet été et les bouffées de chaleur occasionnées par ce médicament, je croyais m'évanouir à chaque instant...

41 jours, après la troisième et dernière injection de Décapeptyl, mon hormonologie démontrait que j'étais en phase pré-ovulatoire. On ne s'étonnera pas, que les femmes atteintes d'endométriose font des récidives même pendant ce traitement, dont l'efficacité est discutable. Cette "petite chimiothérapie ", comme nous l'appelons (mes sœurs d'endo et moi-même) est principalement prescrite pour le cancer de la prostate.

N'ayant toujours de réponse à ma lettre du mois de septembre 2002 de la part du Docteur, B. je lui demandai par écrit le compte-rendu de l'opération concernant la rectocèle.

En recevant ce document, 11 mois après l'intervention, je m'aperçus que ce chirurgien m'avait fait "autre chose " en plus de la cure de la rectocèle, des gestes dont il ne m'avait pas parlés, ni avant et ni après l'intervention. Le docteur B. notifiait sur son compte-rendu opératoire, que je présentais un rectocèle et une élytrocèle ? Il parla de colpectomie...

Pour moi, ces termes étaient inconnus. Ma généraliste m'expliqua, qu'une colpectomie était l'ablation du col utérin. Cette révélation m'étonna dans la mesure où j'avais subi en 95, une hystérectomie totale. Elle ne m'expliqua pas la signification d'élytrocèle et ce mot restera sans signification pour moi, dans un "flou " total.

Je réitérais mes problèmes au Docteur B., dans une lettre, lui joignant les comptes-rendus de ma dernière intervention effectuée par le Docteur A. ainsi que l'anapath de l'hydrosalpinx.

Un mois plus tard, le Docteur B., m'appela. La conversation se gâta, il prétendit que l'examen concernant la défécographie que je venais de passer, était "de la connerie ". Je lui demandais de m'aider.

Sa réponse fut décevante : " Ni lui, ni le docteur P. ne pouvaient plus rien faire, pour moi. Il se couvrit derrière sa spécialité d'urologue et de mon endométriose et ajouta : " Vous avez de la chance de prendre du Décapeptyl, vous n'allez pas mourir comme mes patients. Vous n'avez pas de cancer vous ! "

Je souhaite qu'il n'ait jamais à prendre ce médicament... Il pensera à moi !

Des statistiques prouvent, que l'endométriose peut se cancériser dans un faible pourcentage. (Sources : mémoire du Docteur A.).

Quand l'on ne connaît rien au sujet de cette "lèpre ", que l'on se taise au lieu de dire des bêtises !

Le docteur B., s'en prit même au Docteur A., qui avait fait les choses à moitié... Ce dernier pourrait à la rigueur, m'enlever les résidus ovariens, comme il me l'avait proposé, mais en aucune façon rétablir mon transit, il n'est pas chirurgien viscéral.

A la charge du Docteur, P., qui lui est un chirurgien viscéral, je pourrais dire que lui, a vraiment fait son travail à moitié. Lorsqu'il m'a laissé des résidus ovariens et le bout de trompe ! Que de mauvaise foi manifeste !

Octobre 2003 : Je passai une autre série d'examens. Une endoscopie endo-rectale, qui me fit beaucoup souffrir, révéla la présence d'un épanchement assez important dans le Douglas, une séquelle de l'hydrosalpinx, et d'adhérences au niveau du rectum.

Une deuxième IRM, mit en évidence les mêmes adhérences et un épanchement centimétrique sur le sigmoïde, ce détail est nouveau. Aucun nodule endométriosique ne fut trouvé au cours de toutes ces investigations. Mes problèmes digestifs ne furent pas traités pour autant...

On ne peut plus rendre l'endométriose responsable de mon état.

N'ayant eu en ma possession, que onze mois après l'intervention, le compte-rendu opératoire, concernant la rectocèle et n'en connaissant pas les termes, j'avais focalisé la nature de mes problèmes sur l'endométriose. Mise hors de cause, j'en déduisais que la dégradation de ma santé avait une autre origine.

J'en étais là de mes réflexions. Me demandant si je devais faire le tour de la France, pour trouver un bon Samaritain, qui rétablirait, sans se défiler, "une de mes fonctions vitales " : une défécation normale, sans douleurs, en mangeant autre chose que des pâtes et du riz. Sans la crainte de sortir et d'être prise de crises de diarrhées intempestives. Depuis des mois, les mêmes questions lancinantes revenaient. Pourquoi toute cette souffrance et depuis quand suis-je dans ce triste état ?

Il y a "un avant " l'intervention de la rectocèle et il y a "un après ". Mon intime conviction, petit à petit se fit grâce au regroupement de toutes les informations que j'avais si difficilement obtenues. Tous mes problèmes digestifs ; de diarrhées et de défécation avaient un dénominateur commun : cette intervention !

J'allais consulter un énième gynécologue. Je lui demandai, tout bêtement, qu'est-ce qu'une élytrocèle ? Sa réponse me mit très mal à l'aise : une hernie dans le cul de sac de Douglas !

Il m'expliqua, tout en relisant le compte-rendu opératoire, que le Docteur B. avait ouvert le cul de sac de Douglas, donc ouvert le péritoine, avait sorti mes intestins qui devaient faire une hernie, (ce dont je doute, car je ne ressentais rien d'anormal à cet endroit) les avait "cousus " en serrant " peut-être un peu trop fort ", et les avait replacés à l'intérieur. Créant ainsi "une résistance ", la boucle sigmoïdiennne, qui serait la cause de l' hypermotricité intestinale, se traduisant en amont par des diarrhées.

Il m'expliqua que faiblesse de l'anus ayant du mal à s'ouvrir, ne répondant plus aux commandes, venaient des adhérences découvertes au niveau du rectum. Celles-ci empêchaient les muscles releveurs du sphincter de fonctionner normalement. Ce gynécologue découvrit une bride vaginale venant de la "couture périnéale " que je n'avais pas avant cette intervention, qui peut gêner durant les rapports... Il me parla de "réparation assez pointue, et de dénervation " en ce qui concernait mes problèmes de défécation. Il avait l'air très ennuyé et me laissa le compte-rendu de sa consultation.

Les rapports, parlons-en ! Malgré ma féminité préservée, "grâce à la bienveillance du docteur B. ", j'ai trop mal au niveau du cul de sac de Douglas, et au niveau vaginal pour avoir des relations sexuelles. Depuis mon départ de Djibouti, où j'avais dû laisser mon mari seul, à cause de cette récidive endométriosique, mon couple est en souffrance... Mon mari et moi avons du mal à accepter de vivre comme "frères et sœurs ". Cette situation est anormale et inadmissible !

Je suis abasourdie et habitée par une révolte on ne peut plus légitime. Il m'aura fallu attendre 17 mois pour apprendre et comprendre que l'on s'est permis de pratiquer un acte chirurgical dont j'ignorais l'existence, et la signification, ainsi que les risques que j'encourrais. Le Docteur B., m'avait parlé d'une rectocèle, pas d'autre chose. Jamais il n'a prononcé le terme "d'élytrocèle ".

Avec ses mains, l'une sur l'autre, il m'avait expliqué qu'il allait couper le périnée, superposer les berges et les coudre. A aucun moment, il n'a envisager, où proposer de pratiquer autre chose sur ma personne. Plaisantant, il avait parlé de cette chirurgie réparatrice, comme "d'une chirurgie esthétique du périnée ".


De quel droit, s'est-il permis de pratiquer sur ma personne, un acte chirurgical, raté de surcroît, dont il ne m'a jamais parlé, ni avant et ni après l'intervention. Ma vie semble s'être arrêtée depuis plus d'un an et demi !

Que m'a t'il fait ? Dieu sait où et Dieu sait quoi ? Pourquoi ? Je sens que mes intestins sont attachés quelque part, que mon corps ne fonctionne plus comme avant.

En toute connaissance de cause, si j'avais su, que cette intervention avait un rapport quelconque avec un problème intestinal, je serais allée consulter un chirurgien viscéral. Le docteur B. m'avait parlé d'une intervention toute simple qui pouvait améliorer ma défécation, pas l'empirer, comme c'est le cas.

Si je présentais, une élytrocèle comme il est stipulé sur le compte-rendu, je n'en souffrais en aucune façon et elle ne me gênait pas, durant les rapports. Je n'avais aucun signe d'incontinence, urinaire ou fécale, comme c'est le cas en matière d'élytrocèle. En aucune façon, cette hernie du Douglas présentait "un cas de force majeure ", obligeant le Docteur B. à intervenir à cet endroit, inopinément et à mon insu. Il fallait qu'il en envisage les conséquences et m'en informer avant de m'opérer.

Je constate que le Docteur B. prend des initiatives et/ou n'en fait qu'à sa tête.

En 1995, il me proposa de me faire un bursch, me parlant d'incontinence. Alors que ma vessie avait tendance à se boucher par de l'endométriose. Comme c'est logique ! ! ! !

Je lui fis confiance. A la suite de ce bursch une rectocèle que je n'avais pas auparavant, fit son apparition.

Il refusa de m'enlever les ovaires, 4 ans plus tard en 1999, je faisais une récidive endométriosique.

En 2002, Je viens le voir, confiante, pour une petite intervention concernant la rectocèle dont il est "l'auteur ". Il m'opère en douce d'une élytrocèle dont la conséquence me prive d'une fonction vitale : Une défécation normale

Il n'y a aucune transparence dans la manière d'exercer de ce chirurgien. Son don "d'improvisation " est-il fait dans un but mercantile ?

N'avais-je pas assez subi d'interventions, auparavant, pour qu'il en "rajoute " et me "massacre " ?

A t'il prit, les précautions nécessaires, au niveau vésical ? Me lésant mon urètre qui est en mauvais état. L'urologie, est SA spécialité d'après ce qu'il affirme !

Après l'intervention, il aurait dû m'informer qu'il m'avait "fait autre chose ". Quand, je me suis plainte des retombées de cette opération, il s'est "couvert" en me disant qu'il n'était qu'urologue. Il était aussi urologue, quand il m'avait enlevé mon utérus, lors de la première laparotomie. Alors pourquoi, se réfugie-t'il à présent, derrière sa spécialité et mon endométriose ? C'est un peu facile de tirer son épingle du jeu de cette façon. Cela ne le dédouane pas de sa responsabilité pour autant !

S'il n'était pas de son ressort de pratiquer une telle intervention, il n'avait qu'à m'indiquer le nom d'un confrère plus compétent en la matière !

Le bout de trompe, "oublié " par le docteur P., a migré dans le cul de sac de Douglas où il "sommeillait " (sans m'occasionner de souffrances) depuis 4 ans. Contaminé par le streptocoque, il s'est transformé en un hydrosalpinx dans les mois qui suivirent cette intervention. Ce fait, n'est pas dû à une banale coïncidence.

Une trompe ne s'infecte pas par l'opération du saint Esprit et je ne crois pas non plus à la génération spontanée ! Une infection peut induire une salpingite et un hydrosalpinx... Cet "oubli ", cette infection, et cette "intrusion " inopinée dans le cul de sac de Douglas, auront pour conséquences : des souffrances inutiles, une opération supplémentaire {dont je me serais bien passées} et des séquelles invalidantes, quotidiennes, que personne ne veut reconnaître.

Aujourd'hui je souffre VRAIMENT au niveau du cul de sac de Douglas. Le fait rester assise est parfois un supplice. La douleur irradie jusqu'au coccyx. J'ai toujours la sensation d'avoir "une balle " située entre le fond du vagin et le fond du rectum et des brûlures à cet endroit précis.

Je n'avais aucun de ces problèmes et toutes ces douleurs avant cette intervention. On les a mis sur le compte de mon endométriose, à ce jour je n'en ai plus.

Elle ne peut plus servir de prétexte aux personnes de mauvaise foi, qui s'en servent comme "alibi ". Pour se donner bonne conscience, tout en me laissant, mourir à petit feu. Je finirais par faire une occlusion quand mes intestins seront définitivement collés par les coutures "sauvages " que l'on m'a faites et les adhérences qui se sont surajoutées

Je me retrouve infirme. Ne pouvant plus aller à la selle normalement sans avoir recours aux suppositoires de glycérine, qui finissent par m'irriter, ou de sortir mes excréments avec mes doigts, allant jusqu'à la charnière recto-sigmoïdienne. Car c'est à ce niveau que les scybales restent coincées quand je prends du Bédélix, pour calmer l'inflammation de mes intestins et pour "colmater " mes diarrhées.

Ces fausses diarrhées réactionnelles, en amont, sont la conséquence d'une hypermotricité. Mes intestins luttent contre un obstacle que les selles ont du mal à franchir. Tant est si bien, qu'aux cours de ces crises, j'ai des crampes abdominales terribles, qui peuvent durer des heures avant que je puisse exonérer... Souvent les diarrhées se déclenchent sans prévenir, même dans la nuit, même dans la rue... Seul, le Débridat en injectable arrive à calmer mes souffrances, et je ne peux en avoir que sous prescription hospitalière et acheter ces ampoules qu'à la pharmacie de l'hôpital. Les comprimés ne me font plus aucun effet. Tous les médicaments de la terre ne me rendront pas la santé. J'ai besoin que l'on me "répare physiquement ".

Le fait, de me faire croire que j'étais ménopausée, avait déjà faussé bien des pistes. Je faisais les frais d'un premier "aléa chirurgical ". Le docteur E., avant que "cette ancienne bévue " ne soit découverte ", m'avait prescrit un traitement pour la ménopause, à base d'œstrogènes. (document que j'ai conservé). De quoi faire récidiver mon endométriose... Ce gynécologue ne semble pas connaître ce sujet et malheureusement il n'est pas le seul !!!!


J'ai perdu une dizaine de kilos, à cause du régime draconien que mes intestins m'imposent et de ces maudites diarrhées. Je vais finir par avoir des carences.

Mon parcours du combattant qui dure depuis 18 mois, démontre que tous les médecins que j'ai consultés sont conscients de cette succession de bévues qu'ils constatent. Les langues se délient. " On " vous a mal opérée... " "On " vous a laissé quelque chose ", "On " vous a attaché vos intestins... ". Tous vos problèmes viennent de l'intervention concernant la rectocèle... ". " Adressez-vous aux responsables... ! ". " Quel est le chirurgien qui vous a opéré ? " Aucun médecin ne veut prendre le risque de réparer les erreurs commises par d'autres. Cette attitude est de la non-assistance à personne en danger. J'ai eu souvent l'idée de porter plainte.

Vais-je souffrir encore longtemps de bévues commises par d'autres ?

Je ne peux pas prendre n'importe quel antalgique, qui ont tendance à engendrer de la constipation. J'ai essayé les antidépresseurs, censés calmer les douleurs, mais je ne les supporte pas. Ils induisent des problèmes hormonaux. Je prends du Rivotril, du Temesta, des suppositoires de Débridat. Malgré mes diarrhées, les médecins veulent à tout prix me faire prendre des laxatifs, pour que les selles puissent passer plus aisément, là où ils doivent être attachés... Comme quoi, ils ont compris ce que l'on m'avait fait et se sont bien gardés de me dire... Une sorte d'Ormerta concertée...Je ne peux pas passer ma vie à prendre des laxatifs parce que mes intestins ne fonctionnent plus normalement depuis cette intervention. Ce n'est pas une solution.

Depuis deux mois, ma vraie ménopause se précise par des bouffées de chaleur. (J'ai 52 ans)

Je ne sais pas comment m'y prendre pour sortir de cet imbroglio. Je ne sais pas si je pourrais attendre, dans mon état, l'issu d'un procès... J'ai peur d'être confronter à ces gens qui m'ont fait du mal et qui ne le reconnaîtraient pas... Ils m'ont enlevé toute dignité et m'ont emprisonnés dans un monde de douleur.

Je veux simplement vivre dignement, retrouver des fonctions vitales et élémentaires à tout être humain :

- déféquer normalement, sans douleurs, sans mes doigts,

- retrouver une vie sexuelle normale, pour la pérennité de mon couple,

- retrouver un transit normal et sans souffrances me permettant d'avoir une alimentation variée et équilibrée,

- pouvoir uriner normalement.

Ce n'est pas la vengeance, ni l'appas du gain qui m'ont motivés à vous écrire. Je veux seulement être soignée, retrouver ma vie, là où je l'avais laissée, avant cette intervention du 11 juin 2002.

Merci, d'avoir pris le temps de me lire. Aidez-moi, à ne plus souffrir et à me sortir de cet enfer !

Dernière minute :

Suite à une lettre recommandée, dans laquelle je le menaçais de porter plainte, si je n’obtenais pas une réparation physique, mon chirurgien, le docteur B. vient de me contacter. Il veut me voir afin que nous fassions le point. Ce qui me dérange, c’est qu’il parle un langage style, langue de bois, qui ne me plaît pas.

Quand je reviens sur le fait d’avoir attrapé un streptocoque qui aurait infecté le bout de trompe oublié, et qui aurait donné naissance à un hydrosalpinx … il me répond toujours que des streptocoques, il y a de partout !

Il nie d’avoir pratiqué la cure de l’élytrocèle et d’être intervenu au niveau du Douglas, alors qu’elle est notifiée sur le compte-rendu…

Je vais aller le consulter et j’attends la suite !

Quand va-t-il reconnaître les actes qu’il a vraiment pratiqués sur ma personne ? Et cette infection ?

Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.

Angélique



PS : J'ai préféré garder l'anonymat de toutes les personnes impliquées dans cette affaire. Je n'ai pas de dossier médical, mais j'ai en ma possession tous les documents nécessaires qui étayent mes écrits. Je n'ai signé aucune aucun document avant cette intervention. Je m'excuse de la longueur de mon témoignage.
2004-01-31Hopital Argenteuil
2004-01-24Hôpital militaire
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2004-01-22Escherichia coli
2004-01-21Henri Mondor
2004-01-21Lortat-Jacob
2004-01-20Staphylococcus aureus
2004-01-16Serratia marcescens
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